détail d'une actualitéLe chauffage au bois

Le lundi 01 décembre 2014

Le chauffage au bois en Île-de-France

De 2000 à 2013, le nombre de ménages utilisant un chauffage au bois en France a fortement augmenté et est passé de 5,9 millions à 7,4 millions de ménages. Seuls 6 % des foyers interrogés pensent que le chauffage au bois peut être une source de pollution de l’air et 40 % ont le sentiment que ce mode de chauffage a un impact positif. (Source Ademe)

Pourtant comme toute combustion, le chauffage au bois est susceptible d’émettre des polluants, notamment si la combustion du bois n’est pas correctement contrôlée ou si le bois utilisé est mal adapté (bois mouillé, bois traité ou peint…). Parmi ces polluants se trouvent les particules PM10 (inférieures à 10 microns). Les sources de particules sont nombreuses : le trafic routier, le chauffage résidentiel dont le chauffage au bois, l’industrie et les épandages agricoles en sont les principales.

La filière bois a été favorisée ces dernières années par l’augmentation du prix des énergies traditionnelles (électricité, gaz, fioul) et en raison de son impact sur le changement climatique par des incitations fiscales pour l’achat d’appareils de combustion. Si certaines installations, telles que les chaufferies, sont performantes et limitent les émissions de polluants dans l’atmosphère, certains appareils, tels que les foyers ouverts, sont très émetteurs et ce pour un rendement énergétique moins intéressant.

Aux concentrations auxquelles sont exposées la plupart des populations urbaines et rurales des pays développés et en développement, les particules ont des effets nuisibles sur la santé. L'exposition chronique contribue à augmenter le risque de contracter des maladies cardiovasculaires et respiratoires, ainsi que des cancers pulmonaires [OMS, 2011]. Les particules fines peuvent véhiculer des substances toxiques capables de passer la barrière air/sang au niveau des alvéoles pulmonaires [ORS, 2007].

En France, depuis plusieurs années, les niveaux de PM10 (particules en suspension inférieures à 10 microns) ne respectent pas les valeurs réglementaires européennes dans les villes. En 2010, la France, comme d’autres pays européens, a été saisie par l’Union Européenne : la France est en contentieux avec l’Europe pour non respect des valeurs limites sur les particules PM10 dans 11 territoires régionaux, avec de lourdes amendes à venir.

En Île-de-France, 1,4 à 4,2 millions de Franciliens sont concernés selon les années, essentiellement le long du trafic et dans les zones densément peuplées. Ci-dessous la carte des dépassements PM10 du Bilan de l’année 2012.

Risque de dépassement de la valeur limite journalière en particules PM10 aussi bien loin du trafic que le long des axes routiers

Risque de dépassement de la valeur limite journalière en particules PM10
aussi bien loin du trafic que le long des axes routiers

 

Une étude menée par Airparif a permis de déterminer l’origine des particules respirées* et de quantifier la part de particules produites en Île-de-France de celles provenant des régions avoisinantes, ainsi que les principales activités contributrices. Cette étude de grande ampleur s’est déroulée de 2009 à 2011 et a nécessité près de 90 000 analyses chimiques. 

Elle met en évidence qu’à proximité d’un axe routier comme le Périphérique, les particules fines sont produites localement à près de 60 %, avec une contribution importante et stable du trafic routier (44 %), le chauffage au bois n’y contribuant que de façon secondaire. Tandis que dans l’agglomération parisienne, en situation éloignée du trafic, les particules que l’on observe proviennent à près de 70 % d’import de pollution en provenance d’autres régions françaises, voire européennes. Parmi les 30 % de particules locales, la contribution du trafic et du chauffage au bois résidentiel est importante et similaire (7-8 % des particules respirées*).
Il est à noter qu’une certaine saisonnalité est constatée en hiver avec des niveaux plus importants durant les périodes les plus froides.

Pour en savoir plus :

Origine des particules en Île-de-France


* Il ne faut pas confondre

  • Les émissions de polluants qui correspondent aux quantités de polluants directement rejetées dans l'atmosphère par les activités humaines (cheminées d'usine ou de logements, pots d'échappement, agriculture...) ou par des sources naturelles (volcans ou composés émis par la végétation et les sols) exprimées par exemple en kilogrammes ou tonnes par an ou par heure.
  • Avec les concentrations de polluants qui caractérisent la qualité de l'air que l'on respire, et qui s'expriment le plus souvent en microgrammes par mètre cube (µg/m3).

Les émissions permettent d'évaluer les actions de réduction de la pollution. Selon les cas, une modélisation peut permettre d'en quantifier aussi l'effet sur les concentrations. Dans le cas du chauffage au bois, les mesures dans l'air du traceur de combustion de biomasse (levoglucosan) ont également permis de consolider les données issues de l'inventaire des émissions.


Airparif, en tant qu’association de surveillance de la qualité de l’air, a été missionnée par la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie d’Île-de-France (DRIEE-IF) pour l’évaluation de l’impact du nouveau plan de protection de l’atmosphère (PPA) sur les émissions de polluants* et sur la qualité de l’air de la région à l’horizon 2015 et 2020.

L e PPA révisé a été approuvé en mars 2013 par le Préfet. Il comporte différentes actions visant à réduire les émissions de plusieurs secteurs d’activités notamment celles en provenance du trafic, de l’industrie, de l’agriculture et chauffage au bois. Toutes les mesures sont disponibles à cette adresse : http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/ppa-2013-r563.html  


Parmi les mesures du PPA, certaines concernent les installations de chauffage utilisant du bois. A partir de 2015, la combustion du bois sera interdite à Paris (sauf dérogation, ou pour certaines applications artisanales) et réglementée dans l’agglomération parisienne.

Plus d’information à cette adresse : http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Questions-reponses-Foyers_ouverts_IDF_cle2271cd.pdf


Le chauffage au bois résidentiel représente au niveau régional (source Inventaire des émissions d’Airparif - année de référence 2010) : *

  • 23 % des émissions totales de PM10
  • 32 % des émissions totales de PM2,5


Ci-dessous un zoom sur le secteur résidentiel en Île-de-France issu de l’inventaire des émissions d’Airparif (année de référence 2010) :

Zoom sur le secteur résidentiel en Ile-de-France issu de l’inventaire des émissions d’Airparif (année de référence 2010)

La consommation du bois de chauffage contribue à hauteur de 88 % aux émissions de particules du secteur résidentiel alors qu’il ne couvre que 5 % des besoins d’énergie pour le chauffage.

De part ses effets sanitaires et environnementaux, l’impact du chauffage au bois sur la qualité de l’air des franciliens est un des axes de surveillance renforcée pour Airparif.

Pour plus d'information  :



Accès aux anciennes actualités d’Airparif