détail d'une actualitéUn projet de recherche sur l’évaluation de l’impact des Zapa

Le vendredi 08 juin 2012

Comment voir l’impact d’une zone de restriction de circulation sur la qualité de l’air ? Voilà une des questions qui sera étudiée dans le cadre du projet de recherche Prequalif (Programme pluridisciplinaire de recherche sur la qualité de l’air en Île-de-France). La question est d’actualité à l’heure où huit collectivités françaises, dont deux en Île-de-France (Paris et Plaine-commune), se sont portées candidates pour tester la faisabilité des Zapa. Ces mesures, qui font partie du Plan particules français, visent à diminuer la pollution engendrée par le trafic routier et à aider au respect des seuils réglementaires français et européens. De nombreuses villes européennes ont d’ores et déjà mis en place des zones de faibles émissions comparables (Low emission zone). Et les retours d’expérience montrent que les effets d’une telle mesure sur la qualité de l’air sont difficiles à évaluer si on ne prend en compte que les polluants réglementés (dioxyde d’azote et particules PM10 et PM2,5). Principal problème rencontré : ces polluants ont un grand nombre de sources, avec notamment des phénomènes d’imports et de réactions chimiques dans l’atmosphère qui rendent difficile la quantification précise des impacts directement attribuables à la limitation du trafic. Le projet Préqualif vise ainsi à identifier les indicateurs les plus appropriés pour quantifier l’efficacité des Zapa : polluants à suivre, évolution de leurs concentrations, mais aussi évaluation des effets sanitaires et économiques puisque les Zapa suscitent des interrogations sociales fortes.

Le projet est effectué dans le cadre du programme Primequal2/Predit,  programme de recherche interorganisme pour une meilleure qualité de l'air à l'échelle locale. Ce programme est mis œuvre par le Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l'Énergie (MEDDE) et par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME). Il vise à fournir les bases scientifiques et les outils nécessaires aux décideurs et aux gestionnaires de l’environnement pour surveiller et améliorer la qualité de l’air intérieur et extérieur afin de réduire les risques pour la santé et l’environnement. Il présente la particularité de réunir plusieurs disciplines scientifiques concernées par la pollution de l’air et ses impacts. De ce fait Prequalif est copiloté par le LSCE (Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, CNRS-CEA), Airparif, et VNC (Vincent Nedellec consultants) et associe 7 autres partenaires : l’Ineris, l’Inria/Cerea, le CETE-IF, Aerosol D.O.O., Sepia, Geovariances et Ari Rabl. Les résultats sont attendus pour fin 2013.


Une attention particulière sur le « black carbon »
En plus des méthodes habituelles, de nouveaux outils de caractérisation de la qualité de l’air seront développés : ils concernent la mesure de traceurs atmosphériques particuliers et leur modélisation. Les recherches se concentreront sur deux polluants, le dioxyde d’azote et la suie contenue dans les particules émises par le trafic (« black carbon », voir ci-dessous, carbone élémentaire et carbone organique). Le premier est réglementé et suivi de près depuis plusieurs dizaines d’années par Airparif. Le second n’est pas nouveau et fait appel à des techniques instrumentales particulières, basées notamment sur des méthodes optiques. Il ne fait pas l’objet de réglementation, mais de nombreux travaux de recherche scientifiques ont montré que cet indicateur permet de tracer les particules émises par le trafic routier dans l’ensemble des particules atmosphériques urbaines. Il est actuellement discuté dans le cadre de la révision de la directive CAFE (Clean Air for Europe, un air propre pour l’Europe).

Le « black carbon », un traceur de la pollution liée au trafic


Le « black carbon » est une forme de suie. Il est principalement composé de carbone graphitique de couleur noire. En Île-de-France, on estime que près de 80% du « black carbon » est émis par le trafic (véhicules diesel essentiellement), ce qui en fait un traceur pertinent pour suivre l’impact de modifications de trafic.

On le trouve essentiellement dans les particules fines (PM2,5), qui intègrent de multiples sources directes et indirectes. L’étude sur l’origine des particules menée entre 2009 et 2011 par Airparif et le LSCE a d’ailleurs permis de quantifier la part de ces différentes sources près d’un axe routier, dans le cœur de l’agglomération et à l’échelle de l’Île-de-France. Le trafic est bien sûr une source importante aux niveaux de particules (45% des PM2,5 en bordure d’un axe routier), mais c’en est une parmi d’autres : dans l’agglomération, sa part devient comparable à celle du chauffage au bois notamment (environ 7%). Il est donc nécessaire de s’appuyer sur un indicateur tel que le « black carbon », plus spécifique au trafic routier que la mesure réglementée (PM2,5). De plus, de nombreuses études montrent que le « black carbon » serait également un indicateur pertinent des effets néfastes des particules sur la santé. L’hypothèse initiale du projet Prequalif au niveau sanitaire est justement que les particules émises par le trafic sont plus toxiques que les autres.


Airparif va ainsi faire évoluer son dispositif de surveillance pendant une année. Des mesures de « black carbon » seront notamment  mises en œuvre sur 15 stations de son réseau, couvrant à la fois des sites en bordure de circulation, dont un site de mesure supplémentaire le long du Périphérique, dans l’est parisien, et des sites loin du trafic.

Cette campagne de mesure a commencé en avril 2012. Elle sera complétée de campagnes spécifiques en tunnel et permettra ainsi de compléter les connaissances sur les émissions polluantes du parc roulant avant la mise en place d’actions sur le trafic telles que celles envisagées dans le cadre des Zapa (prévue courant 2013 pour l’Île-de-France).

Site complémentaire pour la campagne de mesure,  le long du Périphérique, dans l’est parisien

Site complémentaire pour la campagne de mesure, le long du Périphérique, dans l'Est parisien

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