Titre Les émissions en quelques chiffres

Sommaire

Les émissions de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre par zone géographique


Le poids des émissions de l'agglomération parisienne en général et de Paris en particulier

La densité d'émission de polluants est très forte dans l'agglomération parisienne, pour tous les polluants considérés. Cette densité décroît à mesure que l'on s'éloigne de Paris : les émissions dans les zones rurales de l'Île-de-France sont 6 à 8 fois moins denses que dans l'agglomération parisienne.

Le poids de l'agglomération parisienne en termes d'émission de polluants s'explique essentiellement par la densité de ses émissions, concentrées sur une surface relativement restreinte. En revanche, la quantité de polluants émis par habitant est globalement plus faible dans l'agglomération parisienne que dans la région dans son ensemble, et même que dans d'autres régions françaises. L'agglomération du Grand Londres partage d'ailleurs ces caractéristiques.

L'agglomération parisienne dans son ensemble émet :

  • 76 % des oxydes d'azote (NOx) de la région.
  • 72 % des hydrocarbures (COVNM).
  • 62 % des particules PM10.

Par rapport aux gaz à effet de serre, elle est responsable de 76 % des émissions régionales de dioxyde de carbone (CO2 ).

Contribution en % des différents secteurs d'activités aux émissions de polluants pour Région Ile-de-France. (estimations faites en 2011 pour l'annee 2008)

Quant à Paris, la ville contribue également de manière importante aux émissions franciliennes :

  • 10 % des émissions régionales d'oxydes d'azote (NOx).
  • 8 % des émissions franciliennes de particules PM10.
  • 12 % des émissions d'hydrocarbures (COVNM).

et 10 %des gaz à effet de serre

Contribution en % des différents secteurs d'activités aux émissions de polluants pour le département : Paris. (estimations faites en 2011 pour l'annee 2008)

Les émissions par département

Les contributions du trafic routier et des autres secteurs d'activité dans les émissions varient d'un département à l'autre de l'Île-de-France. Ces contributions dépendent de plusieurs paramètres comme le degré d'urbanisation, la superficie des terres agricoles, la présences de plate-formes aéroportuaires sur le territoire ou encore la densité des infrastructures routières. Ainsi la part des émissions liées au trafic routier et au secteur résidentiel et tertiaire est plus importante dans les départements les plus urbanisés comme Paris ou les Hauts-de-Seine que dans les départements plus ruraux tels que la Seine-et-Marne ou les Yvelines. Inversement, la part des émissions naturelles et agricoles est plus élevée dans les départements plus ruraux que dans ceux plus urbanisés.

Émissions annuelles d'oxydes d'azote (NOx) par département
Source : inventaire d'émissions Airparif - 2008

Les principales sources d'émission de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre


Le trafic routier
Les chiffres fournis dans cette page sont relatifs à l'année 2008, pour laquelle les émissions ont été évaluées sur la base de la méthodologie européenne COPERT IV.

  • Le trafic routier en Île-de-France est responsable :
    • De la moitié des émissions d'oxydes d'azote (NOx) régionales, dont 13% proviennent des poids lourds.
    • D'un quart des émissions directes de particules PM10 et PM2,5.
    • De 22 % des hydrocarbures (composés organiques volatils, COVNM), les deux roues à eux seuls contribuant à près de 45 % de ces émissions.
    • Et à plus de 20 % des émissions directes de gaz à effet de serre de la région.

Toutefois, compte tenu des progrès technologiques et des réglementations (comme les normes Euro ou réglementations pour abaisser les émissions de CO2 afin de lutter contre le changement climatique), les émissions polluantes du trafic ont tendance à diminuer. Ce n'est cependant pas le cas pour le dioxyde d'azote. Selon les estimations d'Airparif, la part de dioxyde d'azote dans les émissions d'oxydes d'azote (NOx) à proximité du trafic représentait moins de 10 % en 1998, et aurait plus que doublé en 10 ans (23,4 % en 2010).

  • Les véhicules particuliers

Un véhicule particulier "moyen" (représentatif du parc roulant francilien pour l'année 2008), émet de l'ordre de 1 gramme d'oxydes d'azote par kilomètre parcouru.

Un véhicule à essence récent émet 10 fois moins d'oxydes d'azote par kilomètre parcouru qu'un véhicule ancien non catalysé.

  • Les véhicules diesel

Les émissions à l'échappement du trafic diesel contribuent à près de 20 % des émissions régionales de particules (et à 95 % des émissions à l'échappement de l'ensemble du trafic routier pour ce polluant)..

Un véhicule personnel diesel moyen émet à l'échappement de l'ordre de 3 fois plus d'oxydes d'azote et 4 fois plus de particules par kilomètre parcouru qu'un véhicule personnel essence catalysé. Le diesel émettra cependant environ 7 % de dioxyde de carbone en moins. Avec 2 fois plus de kilomètres parcourus en Île-de-France par rapport aux véhicules essence, les véhicules particuliers diesel contribuent à hauteur de 74 % aux émissions de NOx et 99 % des émissions de particules de l'ensemble des véhicules particuliers.

  • Les poids lourds

Les poids lourds représentent presque 5 % du kilométrage parcouru en Île-de-France mais 27 % des émissions d'oxydes d'azote des transports routiers.

Les poids lourds et les véhicules de livraison contribuent ensemble autant aux émissions d'oxydes d'azote régionales que les véhicules particuliers : 23 % du total régional (dont 13 % attribuables aux poids lourds).

  • Les deux roues motorisés

Les deux-roues motorisés contribuent plus aux émissions régionales d'hydrocarbures que les poids lourds (9 % du total régional pour les deux roues contre 1 % pour les poids lourds).

  • La vitesse

La vitesse des véhicules influe sur leurs émissions de polluants : une faible vitesse des véhicules conduit à des émissions plus importantes de monoxyde de carbone et d'hydrocarbures.

A l'inverse, à plus grande vitesse, les véhicules émettent d'avantage d'oxydes d'azote.

  • Comparaison des émissions moyennes par type de véhicules circulant en Île-de-France
  • (parc roulant de l'année 2008, conditions de circulation propres à l'Île-de-France)

    • Pour les oxydes d'azote (NOx) : les émissions moyennes d'un poids lourd sont équivalentes à celles de 8 véhicules particuliers et de 4 véhicules utilitaires légers.
    • Pour le monoxyde de carbone (CO) et les hydrocarbures (COVNM, composés organiques volatils) : un deux-roues motorisé "moyen" émet près de 5 fois plus d'hydrocarbures par kilomètre parcouru qu'un véhicule personnel à essence.
    • Pour les particules (PM10) : les émissions moyennes d'un poids lourd sont similaires aux émissions de 2 véhicules particuliers diesel et de 9 véhicules particuliers essence.
    • Pour les émissions de dioxyde de carbone (CO2, gaz à effet de serre) : les émissions moyennes d'un poids lourd peuvent être comparées à celles de 3 véhicules particuliers.

    Émissions unitaires par polluants
    Source : inventaire d'émissions Airparif - 2008

Le secteur résidentiel et tertiaire

Le secteur résidentiel et tertiaire, notamment le chauffage domestique et des entreprises, contribue au quart des particules PM10 émises en Île-de-France, à 40 % des particules fines PM2,5 (notamment à cause du chauffage au bois domestique), un quart des émissions d'hydrocarbures (COVNM), et à plus de 40% des rejets de gaz à effet de serre.

Si l'on détaille par combustible les émissions du secteur résidentiel, le bois en est le contributeur majoritaire. Bien qu'il ne représente que 4 % des consommations de combustible de ce secteur en Île-de-France, il serait à l'origine de 86 % des émissions de particules (PM10 et PM2.5) et de plus de 95 % des émissions d'hydrocarbures du chauffage résidentiel.

Les activités industrielles

L'industrie manufacturière est un secteur qui émet 35 % des hydrocarbures (COVNM), près de 30 % des particules PM10, plus de 20 % des particules fines PM2.5 et environ 10 % des rejets de Gaz à effet de serre. Le secteur de la production d'énergie (centrales thermiques et raffineries) génère à lui seul plus de 40 % des rejets de dioxyde de soufre (SO2) et 5 % des émissions d'oxydes d'azote de la région.

Les activités de traitement des déchets sont responsables de 2 % des rejets d'oxydes d'azote et 4 % des rejets de dioxyde de soufre.

Les principaux secteurs industriels émetteurs d'hydrocarbures (COVNM) sont ceux utilisant des peintures. L'application de peinture lors de la construction ou la rénovation des bâtiments et l'application de peinture dans l'industrie représente respectivement 20 % et 17 % des émissions du secteur de l'industrie (soit 7 % et 6 % des émissions régionales).

Les aéroports (trafic aérien et fonctionnement des plateformes)

Les aéroports (trafic aérien et fonctionnement des plateformes) contribuent quant à eux à hauteur de 8 % aux émissions régionales d'oxydes d'azote. Les émissions d'oxydes d'azote de l'ensemble des activités de la plate-forme aéroportuaire de Roissy (fonctionnement de la plate-forme et trafic aérien au sein des 1 000 premiers mètres de l'atmosphère) sont plus de deux fois supérieures à celles du Boulevard périphérique et correspondent à 3,5 fois celles de l'aéroport d' Orly.


L'agglomération est définie par l'INSEE sur des critères de densité d'urbanisation comme étant "un ensemble d'habitations tel qu'aucune ne soit séparée de la plus proche de plus de 200 m et qui comprend au moins 2 000 habitants".