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Les effets de la pollution

La pollution atmosphérique a des effets sur la santé et sur l'environnement et donc des répercussions économiques.
Selon l'OMS (Organisation mondiale de la santé) dans ses lignes directrices relatives à l'air (synthèse de l'évaluation des risques, mise à jour 2005) : « Le fait de respirer de l'air pur est considéré comme une condition essentielle de la santé et du bien-être de l'homme. Cependant la pollution de l'air continue de faire peser une menace importante sur le plan sanitaire partout dans le monde. […] Plus de 2 millions de décès prématurés peuvent chaque année être attribués aux effets de la pollution de l'air extérieur dans les villes et de l'air à l'intérieur des habitations […] à travers le monde ». Compte tenu de cette situation, l'OMS émet des recommandations visant à réduire les effets sanitaires de la pollution ( pdf - 798 ko). Le Centre international de recherche sur le cancer (IARC), agence spécialisée de l'OMS, a également classé en 2013 la pollution de l'air extérieur et plus spécifiquement les particules comme cancérigènes.

De même, dans le programme CAFE (Clean Air for Europe, un Air propre pour l'Europe), la Commission européenne estimait à près de 300 000 le nombre de décès anticipés liés à l'exposition aux niveaux de particules observés en 2000 à travers les Etats membres (soit une perte d'espérance de vie de 9 mois en moyenne en Europe) et à 21 000 pour l'ozone. Le coût sanitaire pour ces deux polluants était évalué à un montant compris entre 189 et 609 milliards d'euros par an en 2020.

Nombre de mois de perte d'espérance de vie ­moyenne dans l'UE due aux particules fines (PM2,5)
Source : International Institute for Applied Systems Analysis

Principaux résultats des évaluations de l'impact sanitaire des particules mesurées par la commission européenne (programme CAFE - Clean Air for Europe)
Source : L'environnement pour les Européens, Magazine de la direction générale de l'environnement
- Commission européenne, 2005


Compte tenu de ces effets, un certain nombre de polluants sont réglementés, tant au niveau français qu'au niveau européen. La plupart de ces réglementations s'inspirent des recommandations de l'OMS.

Les effets sur la santé

Les polluants sont des gaz ou des particules irritants et agressifs qui pénètrent plus ou moins loin dans l'appareil respiratoire et qui peuvent induire des effets respiratoires ou cardiovasculaires tels que :

  • Une augmentation des affections respiratoires : bronchiolites, rhino-pharyngites, etc...
  • Une dégradation de la fonction ventilatoire : baisse de la capacité respiratoire, excès de toux ou de crises d'asthme.
  • Une hypersécrétion bronchique.
  • Une augmentation des irritations oculaires.
  • Une augmentation de la morbidité cardio-vasculaire (particules fines).
  • Une dégradation des défenses de l'organisme aux infections microbiennes.
  • Une incidence sur la mortalité à court terme pour affections respiratoires ou cardio-vasculaires (dioxyde de soufre et particules fines).
  • Une incidence sur la mortalité à long terme par effets mutagènes et cancérigènes (particules fines, benzène).

Les données de qualité de l'air relevées par Airparif et les autres associations de surveillance de la qualité de l'air françaises sont utilisées par des organismes tels que l'InVS (Institut national de veille sanitaire) ou l'ORS (Observatoire régional de la santé) pour évaluer l'impact de cette pollution sur la santé grâce à des études épidémiologiques.

Exemple d'études épidémiologiques :

Les pollens dans l'air

Par ailleurs, les effets des polluants atmosphériques se conjuguent également avec ceux des particules biologiques présentes dans l'air, parmi elles, les pollens et les moisissures. La pollution atmosphérique est ainsi suspectée d'exacerber les allergies polliniques : les pollens seraient plus agressifs sous l'influence des polluants atmosphériques qui, de plus, fragilisent les voies respiratoires et les rendent plus réceptives aux pollens.
C'est pourquoi Airparif diffuse chaque semaine le bulletin pollinique du RNSA (Réseau national de surveillance aérobiologique).

Les effets sur l'environnement

Les effets de la pollution atmosphérique sur l'environnement peuvent se ressentir à différentes échelles géographiques.

Au niveau local
  • Sur les matériaux :
  • La pollution atmosphérique induit de la corrosion due au dioxyde de soufre, des noircissements et encroûtements des bâtiments par les poussières issues en grande partie de la combustion des produits pétroliers, ainsi que des altérations diverses en association avec le gel, l'humidité et les micro-organismes.

Lion en calcaire (pont Alexandre III). Des croûtes noires gypseuses se développent à l'abri de la pluie
Source : Airparif

  • Sur les végétaux :
  • De fortes concentrations de certains polluants peuvent conduire à des nécroses visibles sur les plantes. La pollution de l'air peut également entrainer une réduction de la croissance des plantes, même sans dommages visibles (par exemple l'ozone peut provoquer une baisse de la production agricole de céréales comme le blé) ou une résistance amoindrie des plantes à certains agents infectieux.
Au niveau européen

Le principal effet des polluants atmosphériques à cette échelle est leur contribution aux phénomènes de pluies acides qui, en liaison avec d'autres facteurs (sécheresse, parasites...) entraînent le dépérissement des forêts et la dégradation des sols. Dioxyde de soufre (formation d'acide sulfurique) et oxydes d'azote (formation d'acide nitrique) sont liés directement à la formation des pluies acides tandis que l'ozone altère la physiologie des arbres forestiers.